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Mot de bienvenue du Directeur

Chers ami(e)s internautes

Je vous souhaite la bienvenue sur le Site Web de l’Institut National pour la Formation et la Recherche en Education (INFRE).
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Véritable centre d’ingénierie éducative, il est temps que l’INFRE sorte des sentiers battus pour s’ouvrir au monde à travers ses multiples innovations.
Conscient de la perfectibilité de ce joyau, nous restons cependant persuadés qu’il va booster la capacité des divers acteurs à accéder plus efficacement à l’information, à la documentation et aux innovations pour contribuer de façon significative à la qualité de la formation.
Ce site web est dynamique. Nous aurons donc constamment besoin de vos suggestions, conseils et apports pour l’améliorer. Il suffit de nous écrire à travers l’adresse suivante : contact@infre-benin.org.
Enfin, je voudrais sincèrement témoigner ma gratitude aux différents partenaires de l’INFRE, spécialement Madame Corinna Breitag-Heinz, Chargée du Projet Appui au renforcement des capacités dans le secteur de l’éducation (Pro-Educ) financé par la Coopération Allemande (GIZ).
Puisse le présent site web combler les attentes des uns et des autres.

Pierre CHANOU

Univertsité de vacances 2026 à NATITINGOU

Natitingou, cette semaine, aura été bien plus qu'un point sur la carte de l'Atacora. Sous les toits du Lycée Militaire des Jeunes Filles Général Mathieu Kérékou, elle est devenue, du 24 au 29 août, la capitale provisoire de la pédagogie béninoise. Seizième édition, l'Université de Vacances a réuni une fois de plus ce qui fait la force de notre système éducatif : des enseignantes et des enseignants venus de tout le pays, curieux d'apprendre encore, pour mieux transmettre demain.

Le thème choisi cette année ne laisse personne indifférent : « L'enseignant augmenté par l'intelligence artificielle : vers un nouveau paradigme de facilitation pédagogique ». Un intitulé qui, il y a dix ans encore, aurait semblé sorti d'un roman d'anticipation. Il est aujourd'hui une réalité pour nos écoles maternelles et primaires.

Dès la cérémonie d'ouverture, le ton a été donné. Le Ministre des Enseignements Maternel et Primaire l'a rappelé avec force : l'intelligence artificielle n'est ni une menace à redouter, ni une baguette magique à idolâtrer. Elle est un outil — puissant, mais un outil tout de même — que l'enseignant doit apprendre à apprivoiser sans jamais lui céder ce qui fait l'essence même de son métier. Le Directeur de l'INFRE, dans son mot de bienvenue, a insisté sur ce même équilibre : tirer parti de l'innovation sans jamais sacrifier la relation humaine, le jugement professionnel, cette capacité si particulière à faire grandir un enfant.

Les deux heures de formation animées par ETRILABS ont donné chair à ce discours. Loin des envolées théoriques, les vacancières et vacanciers ont manipulé, testé, questionné. Ils ont appris que l'IA ne « réfléchit » pas mais prédit ; qu'elle peut se tromper avec la même assurance qu'elle dit vrai ; qu'elle ignore tout de nos élèves tant qu'on ne le lui précise pas. Autant de vérités simples, mais essentielles, pour désamorcer les fantasmes et poser les bases d'un usage responsable — de la fiche pédagogique à la grille d'évaluation, en passant par la protection des données de nos classes.

Cette édition n'aura pas été que numérique. Les communications sur la résistance antibactérienne, les hépatites virales ou les infections sexuellement transmissibles ont rappelé que la santé du corps enseignant compte tout autant que celle de ses pratiques. Le dépistage volontaire, les matinées sportives, les veillées de contes et les soirées d'animation ont, comme chaque année, tissé cette convivialité qui fait la marque de fabrique de l'Université de Vacances : on y vient pour se former, on en repart aussi plus soudés.

C'est dans le quotidien de la classe, que se jouera la vraie réussite de cette 16ᵉ édition. Car s'il fallait retenir une seule leçon de cette semaine natitingoise, ce serait celle-ci : la technologie ne remplacera jamais un enseignant qui sait pourquoi il enseigne. Elle donnera en revanche une longueur d'avance à celui qui saura la mettre à son service. L'enseignant augmenté n'est pas celui qui délègue son métier à la machine ; c'est celui qui, grâce à elle, a plus de temps et plus de moyens pour rester pleinement humain devant ses élèves.

« L'enseignant augmenté » : l'école béninoise entre dans l'ère de l'intelligence artificielle

Du 24 au 29 août, le Lycée Militaire des Jeunes Filles Général Mathieu Kérékou de Natitingou a accueilli la 16ᵉ édition de l'Université de Vacances. Au menu de cette session : deux heures pour comprendre, démystifier et apprivoiser l'intelligence artificielle en salle de classe. Reportage au cœur d'une formation qui a changé le regard de centaines d'enseignants.

Un thème qui tombe à point nommé

« L'enseignant augmenté par l'intelligence artificielle : vers un nouveau paradigme de facilitation pédagogique. » Le thème retenu pour cette 16ᵉ édition aurait pu sembler ambitieux, voire déconnecté des réalités de nos salles de classe. Il s'est révélé, au contraire, d'une actualité brûlante. Partout dans le monde, l'intelligence artificielle générative s'invite dans les usages professionnels. L'école béninoise ne pouvait rester à l'écart de ce mouvement.

C'est tout le sens de la session animée par Zan-N'ké Béheton, Learning Science Manager chez ETRILABS, devant des vacancières et vacanciers venus de tout le pays. Objectif affiché : donner aux enseignants les clés pour comprendre les bases de l'IA, en reconnaître les atouts pour la préparation des leçons, l'utiliser en appui à l'évaluation, et surtout adopter une posture responsable face aux données des élèves et aux enjeux éthiques.

Démystifier avant d'utiliser

Avant de parler outils, il a fallu parler concepts. Beaucoup de participants confondaient encore intelligence artificielle, apprentissage automatique et IA générative. La session a pris le temps de clarifier ces notions : l'IA comme famille de systèmes capables d'accomplir des tâches nécessitant normalement une intelligence humaine, le machine learning comme sa capacité à s'améliorer à partir de données, et l'IA générative — celle de ChatGPT, Copilot, Gemini ou Claude — comme la brique qui produit aujourd'hui du texte, des images ou des exercices à partir d'une simple consigne.

Un point a particulièrement marqué les esprits : une intelligence artificielle générative ne réfléchit pas, elle prédit statistiquement la suite la plus probable d'un texte. Une nuance essentielle, illustrée par une image restée dans toutes les mémoires : celle d'un collègue très cultivé, mais dont les lectures se seraient arrêtées à une date précise, et qui ignorerait tout des élèves qu'on ne lui aurait pas présentés.

De cette nuance découle une vigilance de tous les instants. Le formateur a insisté sur le phénomène des « hallucinations » : une IA peut citer un livre, un auteur ou un chiffre qui n'existe pas, avec la même assurance qu'une réponse exacte. La consigne retenue par l'assistance a été simple et sera, on l'espère, durable : toujours vérifier une information factuelle avant de la transmettre à ses élèves.

De la théorie à la pratique : préparer, différencier, évaluer

Passé ce temps de clarification, place aux usages concrets. Les enseignants ont découvert la méthode dite « C.C.C.C. » pour bien formuler leurs demandes à une IA : préciser le Contexte (région, effectif de la classe, matériel disponible), la Casquette que l'on porte, la Commande exacte attendue, et les Contraintes de format ou de niveau de langue. Le message retenu : une consigne pauvre donne un contenu générique, une consigne bien située donne un contenu réellement exploitable en classe.

Sur cette base, les ateliers ont exploré plusieurs usages : générer un canevas de fiche pédagogique à partir d'un simple thème, proposer des activités adaptées à un niveau donné, reformuler une consigne pour la rendre plus accessible, ou encore différencier un même contenu selon le profil des élèves — remédiation pour les uns, approfondissement pour les autres. Une démonstration en direct a permis aux participants de se glisser, le temps d'un exercice, dans la peau d'une directrice d'école devant apprécier la pertinence d'une fiche préparée par un enseignant, IA à l'appui.

Le volet évaluation n'a pas été oublié : grilles de critères et barèmes générés automatiquement, premiers retours sur une production d'élève, questionnaires d'auto-évaluation, synthèse des résultats d'une classe pour repérer les besoins prioritaires. Là encore, une règle d'or a été martelée : l'IA propose, l'enseignant dispose. La décision finale — la note, l'appréciation, le jugement porté sur un enfant — reste et restera une prérogative humaine.

La question qui ne devait pas être esquivée : les données des élèves

Aucune formation sur l'IA en milieu scolaire ne peut faire l'impasse sur la protection des données. La session a consacré un temps fort à cette question sensible : l'identité et les coordonnées des élèves, leurs notes, leurs difficultés éventuelles ou leurs productions figurent parmi les données les plus sensibles d'une école. Les bonnes pratiques rappelées sont désormais connues de tous les participants : anonymiser systématiquement avant de soumettre un contenu à une IA grand public, ne jamais transmettre de données identifiantes, vérifier les conditions d'utilisation des outils, privilégier ceux validés par l'institution.

Un quiz pour vérifier les acquis, une charte pour prolonger l'élan

Fidèle à l'esprit participatif qui caractérise l'Université de Vacances, la formation s'est ponctuée d'activités interactives, dont un quiz express « vrai ou faux » qui a permis de couper court à quelques idées reçues : non, l'IA ne remplacera pas l'enseignant ; non, elle n'est pas toujours neutre, elle peut reproduire des biais ; oui, elle peut rendre l'enseignant plus performant, à condition de garder un regard critique ; et non, il n'est pas nécessaire d'être informaticien pour bien l'utiliser — un simple navigateur suffit.

La session s'est conclue sur cinq principes destinés à guider durablement les pratiques : transparence envers élèves, collègues et parents ; vérification systématique avant toute transmission d'un contenu généré ; confidentialité des données ; équité, pour ne pas creuser les écarts d'accès entre élèves ; et posture professionnelle — l'IA assiste, l'enseignant décide.

Ce que Natitingou a changé

Reste la question qui compte vraiment : que va-t-il se passer à la rentrée ? Chaque participant a été invité à formuler son propre plan d'action : une tâche de préparation à déléguer à l'IA, un usage à tester en classe, une règle de vigilance à s'imposer. Un exercice simple, mais qui traduit bien la philosophie de cette 16ᵉ édition, résumée dans une formule qui a circulé toute la semaine dans les couloirs du Lycée Militaire des Jeunes Filles : l'intelligence artificielle ne remplace pas l'enseignant, elle libère du temps pour ce que seul l'humain peut faire.

À l'heure où les participants regagnent leurs écoles, aux quatre coins du Bénin, une chose est sûre : l'école béninoise vient de franchir un pas de plus vers ce nouveau paradigme de facilitation pédagogique. Reste à le transformer, dans chaque salle de classe, en pratique durable.

 

Seize éditions, une même ambition : plonger au cœur de l'Université de Vacances 2026

Du 24 au 29 août, le Lycée Militaire des Jeunes Filles Général Mathieu Kérékou de Natitingou a vécu, six jours durant, au rythme de l'Université de Vacances. Ateliers pédagogiques, communications scientifiques, dépistage de santé, veillées culturelles : retour sur une semaine dense, à l'image de l'ambition qui anime cette 16ᵉ édition depuis son premier jour.

Lundi : le grand rassemblement

Tout commence par une conférence inaugurale sur le thème fédérateur de l'édition, premier moment de prise de contact entre les vacancières, les vacanciers et leurs formateurs dans les ateliers avant que la soirée ne renoue avec la tradition : soirée culturelle sous le ciel de Natitingou, pour une entrée en matière résolument conviviale.

Mardi : la cérémonie officielle d’ouverture

La matinée bascule dans le registre officiel avec la cérémonie d'ouverture, en présence des autorités départementales et ministérielles.

Mercredi : le cœur battant des ateliers

C'est le noyau dur de la semaine. Chaque matinée, après le sport et le petit déjeuner, les participants se répartissent dans cinq ateliers pensés comme autant d'angles d'attaque du thème « enseignant augmenté » :

  • Préparer sa classe à la vitesse de l'IA (Atelier 1), consacré à la préparation des fiches pédagogiques avec l'intelligence artificielle ;
  • Évaluer autrement avec l'IA (Atelier 2), qui explore l'appui de l'IA à l'évaluation dans une logique d'Approche Par Compétences ;
  • Les As des supports pédagogiques avec l’IA (Atelier 3), tourné vers la production de supports didactiques ;
  • Remédier autrement, réussir ensemble (Atelier 4), dédié à la différenciation et à la remédiation en classe ;
  • L'IA en toute confiance (Atelier 5), qui aborde de front l'éthique, la sécurité et les responsabilités liées à l'usage de l'IA en milieu scolaire.

Cinq intitulés, un même fil rouge : faire de l'intelligence artificielle non pas une fin en soi, mais un levier au service du geste professionnel de l'enseignant, de la préparation de la classe jusqu'à l'accompagnement de chaque élève.

À ces ateliers s'ajoutent, en fin de matinée et l'après-midi, les communications thématiques, où la santé publique tient une place de choix. Résistance antibactérienne, hépatites virales, infections sexuellement transmissibles, cancers de la prostate et des os : autant de sujets abordés avec la rigueur scientifique qu'exige la santé des enseignants comme celle de leurs élèves. Le mercredi après-midi, place à un temps fort particulièrement attendu : le dépistage volontaire du VIH et de l'hépatite B, proposé sur place par la Coordination du Programme Sectoriel de Lutte contre le Sida, la Tuberculose, le Paludisme, les IST, les Hépatites et les Épidémies.

Les soirées, elles, ne dérogent pas à la règle de la convivialité : animation culturelle, journal, jeux de belote et de ludo côtoient un moment de sensibilisation particulièrement original, des sketchs préparés en petits groupes sur le VIH-Sida et les rapports intergénérationnels — la pédagogie par le jeu, jusque dans les activités du soir.

Jeudi : la communication comme prolongement de la réflexion

Le jeudi confirme la vocation résolument numérique de cette édition avec la communication consacrée à l'intégration du numérique dans les pratiques pédagogiques des enseignants, ses enjeux et ses perspectives. Une autre communication, plus ciblée, s'intéresse à l'IA et aux apprentissages fondamentaux au primaire, en particulier à l'analyse des erreurs des apprenants pour mieux différencier la remédiation — un prolongement naturel des travaux menés en ateliers les jours précédents. L'après-midi, place au quartier libre et à une sortie touristique, l'occasion pour les participants de découvrir les richesses de l'Atacora, avant une soirée consacrée au journal, aux jeux et à l'animation culturelle.

Vendredi : le marché d'outils et la clôture

Après une dernière matinée de travaux en atelier, la journée du vendredi bascule vers la restitution. Vient le marché d'outils, moment de mutualisation où chaque groupe présente aux autres ce qu'il a produit durant la semaine — fiches, supports, grilles d'évaluation. La cérémonie de clôture officielle suit dans la matinée, avant l'après-midi consacré à la préparation du marché d'outils et à un dernier temps libre. La soirée, enfin, réserve un moment particulièrement attendu par les vacancières et vacanciers : la délibération et la remise de prix aux meilleurs diseurs de contes, clin d'œil final à la tradition orale qui a ouvert la semaine.

Samedi : l'heure des adieux

Le sport du petit matin cède la place aux formalités de départ. Les participants quittent Natitingou avec, en poche, bien plus que des connaissances théoriques : des outils testés, des habitudes de vigilance, et surtout ce plan d'action personnel formulé en fin de session — une tâche à déléguer à l'IA, un usage à expérimenter en classe, une règle à respecter durablement.

Une semaine, un même esprit

Seize éditions après sa création, l'Université de Vacances n'a rien perdu de son ambition originelle : offrir aux enseignants du maternel et du primaire un cadre à la fois exigeant et chaleureux, où la montée en compétences professionnelle se conjugue avec le soin porté à la santé, à la culture et à la fraternité entre collègues. Cette édition 2026, tournée vers l'intelligence artificielle, aura su démontrer qu'innovation technologique et tradition pédagogique ne sont pas contradictoires — elles se nourrissent, au contraire, l'une de l'autre.

Rendez-vous est pris pour la 17ᵉ édition.

 

IA, santé, cohésion : ce que les enseignants emportent de Natitingou

La 16ᵉ édition de l'Université de Vacances s'est achevée samedi, après six jours de formation, de dépistage et de partage au Lycée Militaire des Jeunes Filles Général Mathieu Kérékou. Au-delà des ateliers et des communications, une question domine désormais : que reste-t-il de Natitingou, une fois de retour dans sa classe ? Éléments de réponse.

Un bagage pédagogique concret

Ce ne sont pas des notions abstraites que les vacancières et vacanciers rapportent chez eux, mais des réflexes de travail. La méthode C.C.C.C. — Contexte, Casquette, Commande, Contraintes — pour bien formuler une demande à une intelligence artificielle. Le réflexe de vérification systématique avant de transmettre à un élève un contenu généré par une IA. La distinction, désormais acquise, entre ce qu'une IA peut faire — préparer un canevas de fiche, différencier un exercice, esquisser une grille de correction — et ce qu'elle ne fera jamais : porter le jugement professionnel qui revient à l'enseignant seul.

Cinq ateliers ont structuré cette montée en compétences, de la préparation des fiches pédagogiques à l'éthique et à la sécurité des usages, en passant par l'évaluation, la production de supports et la différenciation. Chacun a laissé aux participants un même message, décliné sous des formes différentes : l'IA propose, l'enseignant dispose.

C'est précisément ce message qui a nourri l'exercice de clôture proposé à l'ensemble des participants : formuler, noir sur blanc, un plan d'action personnel pour la rentrée. Trois engagements, simples mais structurants, ont été demandés à chacun — une tâche de préparation à déléguer à l'IA, un usage à tester concrètement avec ses élèves, une règle de vigilance à respecter sans exception. Un exercice volontairement modeste, pour que l'élan de Natitingou ne s'éteigne pas au premier jour de classe.

Cinq principes, rappelés lors de la session de clôture, viendront baliser ces engagements tout au long de l'année : la transparence envers élèves, collègues et parents sur l'usage de l'IA ; la vérification systématique de tout contenu généré avant transmission ; la confidentialité des données des élèves et de l'établissement ; l'équité, pour ne pas creuser les écarts d'accès entre apprenants ; et la posture professionnelle, qui place toujours la décision finale entre les mains de l'enseignant.

La santé, un engagement tout aussi personnel

L'Université de Vacances n'aurait pas été fidèle à sa tradition si elle n'avait pas pris soin, cette année encore, de la santé de ses participants. Les communications sur la résistance antibactérienne, les hépatites virales, les infections sexuellement transmissibles ou encore les cancers de la prostate et des os ont donné à chacun des clés de compréhension et de prévention. Le dépistage volontaire du VIH et de l'hépatite B, proposé sur place par la Coordination du Programme Sectoriel de Lutte contre le Sida, la Tuberculose, le Paludisme, les IST, les Hépatites et les Épidémies, restera sans doute l'un des gestes les plus concrets de cette édition : un moment où la formation professionnelle a cédé la place, le temps d'un après-midi, au soin de soi.

Les sketchs préparés par petits groupes sur le VIH-Sida et les rapports intergénérationnels ont prolongé cette sensibilisation sous une forme plus légère, prouvant, s'il en était besoin, que la pédagogie apprise en atelier le matin peut aussi s'exercer entre collègues, le soir venu.

La cohésion, ciment discret mais indispensable

Une Université de Vacances ne se mesure pas seulement à ses acquis pédagogiques. Les matinées sportives, les veillées de contes, les soirées de jeux, la sortie touristique dans l'Atacora et le marché d'outils du vendredi ont tissé, jour après jour, une cohésion qui dépasse largement le cadre de la formation. C'est aussi cela que les vacancières et vacanciers remportent avec eux : un réseau de collègues rencontrés, des expériences échangées, l'assurance de ne pas être seuls, dans leurs écoles respectives, à explorer ces nouveaux usages de l'intelligence artificielle.

Le concours de contes, dont la remise de prix a clôturé la semaine, a rappelé une évidence trop souvent oubliée dans les discussions sur le numérique éducatif : la transmission orale, le récit, la parole vivante gardent toute leur place aux côtés des outils les plus modernes. L'un n'exclut pas l'autre ; ils se complètent.

Un même fil conducteur

IA, santé, cohésion : trois mots qui, à première vue, n'ont pas grand-chose en commun. Ils partagent pourtant une même exigence, celle qui a traversé toute cette 16ᵉ édition : prendre soin — de sa pratique professionnelle, de son corps, et de la communauté éducative à laquelle on appartient. C'est cette exigence que les enseignants emportent désormais dans leurs valises, direction leurs écoles respectives, aux quatre coins du Bénin.

La rentrée dira si les engagements pris à Natitingou auront tenu leurs promesses. Une chose, en tout cas, ne fait aucun doute : l'Université de Vacances 2026 aura donné à chacun les moyens de les tenir.

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